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 the space you haunt. (vampire)

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James Moriarty
LE PETIT PRINCE
MISSIVES : 8
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MessageSujet: the space you haunt. (vampire)   Dim 5 Juin 2016 - 2:03


all my demons
greeting me as a friend.




Monstre. Les breloques sous ses ongles cassés ne sont coupables de rien sinon de traduire le mécanisme du quadrillage coordonné du haut de son crâne. Les formules emportent ses craies une à une à mesure qu'elles s'étendent. Elles chantent la réussite quand dehors Barthélémy terrassent ses morts. La Seine suintent de rouge et fait des trous dans ses eaux pour accueillir les cadavres de la bigoterie religieuse. Rugissent les enfants arrachés des bras maternels, les foyers de cendres, feu Paris la Splendide victime d'un impopulaire mariage. Par delà la fenêtre d'ogive, les tocsins sonnent la confusion : Saint-Germain-l'Auxerrois pleure, mais personne n’interprète sa messe.
 
Les châssis vermoulus craquent sous la tempête humaine, mais James ne lève jamais les yeux de la solution physique dont il vient d'écrire le terme. Ce à quoi il fait face est le résultat magnifique de ses progrès, expériences de pensées dont il ne doute pas - ou plus. Les gros livres sur velin tracent de cette avancée spectaculaire. L'erreur est de ne faire attention à rien, tout enorgueilli de son génie, de la puissance opératoire de la physique éclatante. Aucun algorithme n'est hasardeux mais présentent une implacable logique, celle de la Force de l'Univers, démantèlement de l'idée absurde que les astres répondent d'un géocentrisme, d'une terre plate posée sur le dos d'une tortue cosmique. L'immortalité se drape de merveilles pour ce qui l'attend désormais : connaître est s'élever au monde, par dessus l'insalubre humanité qu'il ne termine pas de moquer. Un cadavre passe sous le regard d'un détachement clinique. Il est désarticulé par la mort violente et commence à puer le ver et la crasse. Le sang rance fait une grosse fleur contre son col échancré.

Mais se consacrer à l'euphorie scientifique lui fait oublier le massacre et la colère des Hommes contre leurs pairs, la rage incisive planté dans chaque organes désireux de rendre la justice au Père. Dans cet appartement étroit où la lumière ne passe pas, les meubles en ébène et les fauteuils en cuir de Cordoue encombrent et étouffent les murs : ainsi la mort ne crie ni n'existe pour autre que lui. Et lorsque les flammes s'empourprent à travers le plancher, James s'immobilise mais le sol cède déjà et l'emporte dans les décombres et le brasier criminel.


Il rit tant que ses yeux sont deux amandes ourlées d'immenses cils noirs. Devant l'éclat de Sebastian, James semble se racornir. Son existence se compliquait de cet Amour furieux et la violence  soudait ses os, sa peau et ses organes morts en un véritable brasier. Face à lui, il ne lui semble plus caricaturer la vie mais c'est comme recouvrer la vue et trouver fade ce qui tombe sous les yeux lorsque l'on les détourne autre part. Malgré la mort distribuée à la guerre, il semble ne pas recevoir le jour mais le donner plutôt, et chaque rides aux coins des yeux, qui s'étalent sur son front et paressent aux commissures l'enjôlent de tendresse. Dieu ou quiconque l'avait chassé de son sommeil dans ce but unique de le trouver un jour, le démon en est certain. Malgré son implacable stoïcisme face aux élans du coeur, comment ne pas se faire emporter lorsque ses mains patriciennes batifolent autour de ses épaules et que son rire lui secoue la carcasse : il se laisse renaître entre ses lèvres chaudes et remplies, ce vivant empirique dont il oublie la fragilité constante. « Comme tu es beau. » L'indexe se traîne contre la bouche rose. Ce qui les lie est invisible, c'est un bourdonnement en silence jusqu'au bout des doigts et pourtant, il sait. Il est là. Logé quelque-part dans le plexus solaire. L'Autre sourit. La solitude tant voulue n'a plus de sens derrières ces dents là. Il sait où sa place se loge lorsque la vie semble prendre ses artères et redonner de la couleur à ses pommettes. Il veut l'embrasser, se saisir de ses lèvres et du papier à cigarette que tisse sa peau, le sentir nu par dessus lui-même, Sebastian n'a rien de naturel. Il n'est pas fait pour mourir ni goûter à l'ennui, ainsi sculpté par les dieux. D'aucun dirait qu'il s'agit d'une abomination, un tour du Malin pour se jouer des pieux.  « Couvre moi entièrement. S'il-te plaît, Sebastian. J'ai envie de sentir le poids de ton corps. » J'ai envie de sentir les pulsations de ton coeur qui s'affole lorsque tu me feras tien. « Ne me quitte pas. »








oh, c'est trop dégueu la jouissance…


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